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Vivons-nous les dernières générations d’une reproduction à l’ancienne, dite naturelle ?

 

D’ailleurs peut-on seulement se « reproduire » ? Existe-t-il un lien entre notre civilisation du marché et de la performance et l’évolution rapide de la médicalisation de la procréation dans toutes les sociétés développées de la planète ? Dans notre monde où les temples sont peu à peu désertés et où les supermarchés n’arrivent guère à les remplacer, la sacralité, attribuée autrefois de manière inconsciente à la succession des générations, pourrait bien succomber sous les impératifs de la rentabilité à tous crins.

Les biotechnologies sont là. Leur avancée ne se fait pas sur le mode d’une croissance habituelle mais bel et bien, ce qui est inédit et nous fait sous-estimer les enjeux, sur une courbe exponentielle. Les technologies se fécondent les unes les autres :
les nanotechnologies sont renforcées par l’informatique et la génétique embrasse goulûment l’essor des sciences cognitives. Cette convergence pourrait amener des arguments de plus en plus forts pour ne plus laisser le hasard sévir et altérer parfois la santé de nos enfants. Homo sapiens est « addict » de la maîtrise et celle de sa reproduction n’échappera pas à son ingéniosité. Au début pour de bonnes raisons, bien médicales et bien justifiées : éviter par exemple la transmission d’une maladie héréditaire, puis pour de moins bonnes raisons : améliorer les performances intellectuelles et sportives de nos enfants, voire pire encore.

 
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Les biotechnologies sont là et elles se fécondent les unes les autres.

 

À l’heure où des laboratoires de biologie de la reproduction sont en train de fabriquer des ovules à partir des cellules de peau d’un homme et vice versa, à l’heure du copier-coller efficace et précis sur le génome et au moment où les États rivalisent d’ingéniosité pour disposer des meilleurs cerveaux et augmenter le nombre de leurs brevets pour mieux dominer le monde, tout concorde pour qu’on puisse prédire que les découvertes n’auront pas le temps de refroidir avant d’être essayées voire mises en œuvre. Et les comités d’éthique n’y pourront rien. Ils avaliseront d’autant plus vite les innovations biotechnologiques qu’elles constitueront dans un premier temps de réelles avancées médicales et que leurs retombées financières présumées seront susceptibles d’être importantes, plus tard. La reproduction pourrait donc se voir assignée à efficience par les règles de la production et du marché. Bien se reproduire pour fabriquer de bons producteurs et reproducteurs.

Ces thèmes sont dérangeants et c’est bien pourquoi le Forum Européen de Bioéthique décide cette année de s’en emparer en invitant les meilleurs spécialistes français et européens pour nous expliquer simplement où nous en sommes de ces découvertes et ce qu’il y a dans les cartons des chercheurs. D’autres sujets de l’actualité bioéthique seront aussi abordés et de nombreuses manières nouvelles de présenter les enjeux de la bioéthique seront inaugurées cette année, grâce au rajeunissement des cadres entrepris dans l’organisation du Forum. Permettre aux plus jeunes de participer aux débats, c’est la raison pour laquelle le Forum se poursuivra cette année jusqu’au dimanche inclus.

 

 
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La reproduction pourrait donc se voir assignée à efficience par les règles de la production et du marché. Bien se reproduire pour fabriquer de bons producteurs et reproducteurs.

 

Prendre le temps de comprendre pour appliquer notre jugement individuel à ces perspectives qui concernent nos enfants et nos petits-enfants ne nous donnera pas forcément le pouvoir de modifier l’avenir. Mais que peut-on espérer de mieux d’une société que la lucidité devant ce qui se profile pour son propre avenir ? Le progrès scientifique n’est pas toujours un progrès pour l’homme. Poser les questions de ce que sera notre futur sans toutefois disposer toujours de réponses valables, un exercice difficile qui nécessite une grande maturité dont a fait preuve, au fil des sept années précédentes, le public du Forum Européen de Bioéthique.

Un millésime qui s’annonce donc aussi exceptionnel que les précédents qui pourra être suivi en direct sur internet mais aussi sur place (dans la grande salle de l’Aubette, place Kléber à Strasbourg du 30 janvier au 4 février 2018) dans une ambiance de débat et de respect mutuel qui a toujours été la marque de fabrique et la caractéristique du Forum Européen de Bioéthique.

Le Forum 2018 arrive et sera, comme à l’accoutumée, un grand moment pour la ville de Strasbourg, l’Eurométropole et la Région Grand Est qui ont toujours soutenu sans réserve cette manifestation unique en Europe, car elle contribue désormais à notre rayonnement collectif.

 

 

 

 

Israël Nisand
Président du Forum Européen de Bioéthique

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Sondage la croix
forum européen de Bioéthique

Bioéthique, ce qu’en disent les Français

Un sondage de l’Ifop pour « La Croix » et le Forum européen de bioéthique montre une évolution majeure des Français sur les questions de procréation et de fin de vie.

Favorable à une révision de la législation en la matière, l’opinion publique française souscrit
– consciemment ou non – à un individualisme sans entrave.

C’est une photographie de la société française, à quelques jours du lancement des états généraux de la bioéthique, le 18 janvier, par le président du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) Jean-François Delfraissy, et alors que le gouvernement entend réviser les lois de bioéthique à la fin de l’année.

Le sondage Ifop réalisé pour La Croix et le Forum européen de bioéthique révèle une opinion publique en apparence très favorable à un changement de la législation sur ces sujets, laissant apparaître un libéralisme assumé en la matière. 

La grande majorité des Français souhaiterait ainsi une nouvelle loi sur la fin de vie, et seule une minorité resterait complètement hostile à la gestation pour autrui (GPA).

De même, 60 % plaideraient en faveur de l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA)… contre 24 % en 1990 !

Comment expliquer une évolution si rapide et si forte ?

Comment expliquer une évolution si rapide et si forte, alors qu’il y a encore cinq ans des manifestations fleuves étaient organisées contre le « mariage pour tous » ? « Ces résultats attestent de l’influence très limitée, en réalité, d’un mouvement comme celui de “La manif pour tous”, décrypte le sociologue Alain Mergier. Il n’y avait pas de majorité silencieuse derrière ceux qui sont descendus dans la rue à l’époque. »

En savoir plus sur le site de LA CROIX...

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Mardi 30 janvier

 
14h> 16h
Salle de L'Aubette

AVEC QUI FAIT-ON UN ENFANT ?

 

Depuis que la culture et les civilisations humaines existent, le choix du partenaire de reproduction n’est pratiquement jamais laissé au hasard et de ce point de vue, toutes les formulations ont existé depuis le mariage entre frères et sœurs des pharaons jusqu’à des formes plus ou moins élaborées d’endogamie. Les procréations aidées par la médecine n’échappent pas à ces logiques structurantes puisque des offres de gamètes de prix Nobel ont vu le jour ici ou là. Il y a donc derrière ces règles sociales souvent très coercitives des valeurs jugées structurantes pour les sociétés qui les ont édictées. C’est à l’analyse de ce choix du partenaire reproducteur qu’est consacrée cette première table ronde de la huitième édition du Forum Européen de Bioéthique.

Avec

  • Yves ALEMBIK
    Pédiatre et généticien à l’Hôpital Universitaire de Strasbourg
  • Laurence HÉRAULT
    Maître de conférence à la Maison méditerranéenne des Sciences de l'Homme, université d'Aix en Provence
  • David LE BRETON
    Anthropologue, professeur de sociologie, membre de l'Institut Universitaire de France, chercheur au laboratoire Cultures et Sociétés en Europe
  • Daniel LEMLER
    Psychanalyste et psychiatre
  • Maud NISAND
    Avocate

Animation : Michèle WEIL
Pédiatre et responsable du service de néonatalogie au CMCO

Comment choisit-on la personne avec laquelle faire un enfant ? C’est à une analyse de cette élection à la croisée du droit, de la génétique, de la sociologie, de l’ethnologie et de la psychanalyse que nous invite Michèle Weil, mardi 30 janvier de 14h à 16h.

Pour poser le décor de cette table ronde, la gynécologue obstétricienne des CHU de Strasbourg, entend « apporter de vrais éléments d’information scientifique au public ». L’avocate strasbourgeoise Maud Nisand répondra d’abord à la question de la loi : avec qui peut-on faire un enfant ? Un exposé surprenant, puisque le droit va bien plus loin que l’interdiction de l’inceste « génétique ». Le pédiatre et généticien Yves Alembik explorera les enjeux génétiques du choix du partenaire reproductif : quelles implications pour les unions traditionnelles entre cousins germains ? Quels risques et quelles précautions à prendre dans les mariages consanguins ? L’anthropologue Laurence Hérault sortira du couple traditionnel pour analyser les choix de faire un enfant toute seule ou dans un couple de même sexe. Elle est l’auteur de La parenté transgenre (Édition des presses universitaire de Provence, 2014).

Les innombrables procédés de fabrication d’un enfant interrogent depuis longtemps le sociologue strasbourgeois David Lebreton, auteur d’Anthropologie du corps et modernité  et de Tenir, douleur chronique et réinvention de soi (PUF). « On est passé d’une attitude assez critique de les démarches d’Aide médicale à la procréation à une attitude d’acceptation sans équivoque » constate-il à l’image de l’évolution de son propre parcours de chercheur. Le psychiatre Daniel Lemler est président de l’école psychanalytique de Strasbourg. Il nous expliquera les enjeux psychiques qui nous poussent à nous associer à tel ou tel profil pour donner la vie.

 

16h> 18h
Salle de L'Aubette

LA REPRODUCTION EST-ELLE MODIFIÉE PAR L'ÉVOLUTION DE LA GÉNÉTIQUE ?

 

Les progrès rapides de la génétique humaine peuvent-ils transformer la manière de se reproduire et si oui en quoi? Agir sur le génome de manière de plus en plus fine et précise, le connaître avant de faire un enfant, voire l’améliorer, la réalité et les fantasmes font bon ménage et se croisent souvent sans qu’il soit possible de distinguer le vrai du faux. Mais pourtant nous sommes tous fort sensibles à nos origines et donc au matériel génétique qui nous compose. Il n’y a qu’à voir pour s’en convaincre les conséquences psychiques qui accompagnent parfois sa méconnaissance. Généticiens cliniciens et chercheurs, philosophes et patients tenteront de donner l’éclairage le plus récent à ces questions fondamentales.

Avec

  • Nicolas MIAILHE
    Cofondateur & Président, The Future Society at Harvard Kennedy School
  • Nicolas SÉVENET
    Professeur des Universités, Praticien Hospitalier, UFR des Sciences Pharmaceutiques de Bordeaux, Institut Bergonié
  • Dominique STOPPA-LYONNET
    Médecin, professeure de génétique à l’Université Paris Descartes et responsable du Service de Génétique de l’Institut Curie
  • Sylvain TAGLANG
    Délégué territorial Alsace de Vaincre la Mucovicidose
  • Constant VODOUHÉ
    PhD, Pharmacologie et Biologie Cellulaire et Président de DORYS

Animation : Jean-Louis MANDEL
Généticien, professeur honoraire de génétique humaine au Collège de France, membre  de l'Académie des sciences et de l’Académie Nationale de Médecine, membre de l’Institut de Recherches avancées de l’Université de Strasbourg (USIAS), chercheur à l’IGBMC

 

18h> 20h
Salle de L'Aubette

Conférences inaugurales

Avec : Israël NISAND

Professeur de médecine, chef de pôle gynécologie-obstétrique, hôpitaux universitaires de Strasbourg, fondateur du Forum Européen de Bioéthique.

Jean-François MATTÉI

Médecin, pédiatre, ancien Ministre de la Santé et ancien Président National de la Croix-Rouge française.

Questions de conscience

 

Irène THÉRY

Sociologue, directrice d’études à L’Ehess à Marseille.

Se reproduire ou engendrer ?

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Mercredi 31 janvier

 
11h> 13h
Salle de L'Aubette

Démographie

& Reproduction

 

Certains pays ont une démographie en si forte augmentation qu’elle menace leur capacité de se développer. D’autres peinent à éviter un vieillissement mortifère de leur population. Les déterminants de ces évolutions sont de mieux en mieux connus mais les actions que tentent ici ou là les gouvernements pour maîtriser le phénomène restent peu efficaces. La complexité est donc grande et cette table ronde essaiera d’en éclairer les principaux aspects.

Avec

  • Jean-Louis MANDEL
    Généticien, professeur honoraire de génétique humaine au Collège de France, membre  de l'Académie des sciences et de l’Académie Nationale de Médecine, membre de l’Institut de Recherches avancées de l’Université de Strasbourg (USIAS), chercheur à l’IGBMC
  • Gilles PISON
    Professeur au Muséum national d'histoire naturelle, chercheur associé à l'Institut national d'études démographiques, rédacteur en chef de Population et Sociétés
  • Virginie ROZÉE
    Chargée de recherche à l'Ined, sociologue
  • Laurent TOULEMON
    Directeur de recherche à l'Ined

Animation : Aurélien BENOILID
Neurologue, chef de clinique assistant aux HUS.
 

 

13h30> 14h
Salle de L'Aubette

à propos d'un cas

Ariane Zaloszyc

 

MCU-PH en pédiatrie

 

14h> 16h
Salle de L'Aubette

LOI BIOÉTHIQUE ET AIDE MÉDICALE À LA PROCRÉATION

La France a encadré au plus près les pratiques d’aide médicale à la procréation. Pour autant, la loi, loin d’être générique pour souligner les valeurs à respecter dans notre société, est entrée dans les détails. C'est pourquoi bon nombre de patients touchés par l’infertilité ont du mal à la comprendre et à l’accepter. Le signe le plus visible en est le départ à l’étranger des couples français pour obtenir là-bas ce qui leur est interdit ici. Des pétitions de professionnels de la reproduction se succèdent pour obtenir son évolution. Quelles sont les valeurs qui ont prévalu pour l’écriture de la loi et quelles sont celles qui respecteraient plus avant la diversité multiculturelle de notre pays ?

Avec

  • Laurence BRUNET
    Juriste, spécialité du droit des personnes, associée au centre "Droit, sciences et techniques"
  • Hervé CHNEIWEISS
    Neurobiologiste, président du Comité d'éthique de l'Inserm, directeur du Laboratoire de neurosciences de Paris-Seine
  • Valérie DEPADT-SEBAG
    Maître de conférence à la faculté de droit, enseignante à Sciences Po et à l'Espace éthique des Hôpitaux de Paris, spécialiste en droit de la biomédecine
  • Françoise SHENFIELD
    Membre du Comité National d'Ethique Grande-Bretagne
  • Irène THÉRY
    Sociologue, directrice d'études à L'Ehess à Marseille
  • Murielle FABRE
    (grand témoin)

Animation : Catherine RONGIÈRES
Gynécologue Obstétricienne, Responsable adjoint, Coordonnatrice du centre d’Assistance Médicale à la Procréation et  du Comité d’Ethique du Pôle de Gynécologie Obstétrique de Strasbourg. Vice-présidente de la Société de Médecine de la Reproduction

 

Le vaste champ de l’Aide médicale à la procréation (AMP) va être scruté à la loupe en cette année de révision de la loi Bioéthique. Catherine Rongières, gynécologue obstétricienne et coordinatrice du centre AMP du CHU de Strasbourg, animera ce débat du Forum de bioéthique mercredi 31 janvier à 14h. Pour elle, ce sujet « se place dans un contexte sociétal en pleine mutation, qui implique que les certitudes d’hier ne sont plus celles d’aujourd’hui ».

L’AMP représente les différentes techniques permettant à certains couples d’avoir un enfant malgré une infertilité ou impossibilité biologique ou génétique. Conception in vitro, conservation et dons de gamètes et d’embryons, insémination artificielle, les pratiques sont strictement encadrées. Certains demandent leur évolution : à l’heure où le Comité Consultatif National d’Ethique s’est prononcé pour l’ouverture de la procréation médicale assistée (PMA) aux couples de femmes, Irène Théry, sociologue, s’est engagée encore une fois dans Le Monde en faveur de cet élargissement, sujet sur lequel Françoise Shenfield, spécialiste AMP au University College de Londres, pourra apporter un éclairage extérieur. Toutes les deux seront présentes pour détailler leurs arguments.

Ces pratiques impliquant un tiers soulèvent des questions de filiation qui sont, pour Valérie Depadt, maître de conférences à Paris 13, fondamentales. Auteure de Anonymiser la vie ? (2017, Ed. LGDJ), elle détaillera mercredi pourquoi elle est « absolument pour l’accès aux origines » et un rapprochement vers la filiation « adoptive ».

Une évolution analysée par Laurence Brunet, juriste et chercheuse à la Sorbonne, dans la publication Le principe de l'anonymat du donneur de gamètes à l'épreuve de son contexte (2017). La même année, elle plaidait par ailleurs pour lautorisation de la conservation dovocytes pour des maternités tardives.

En lien avec toutes ces questions, Hervé Chneiweiss, docteur en neurobiologie, président du comité d’éthique de l’INSERM et chercheur en bioéthique (il a publié L’Homme réparé en 2012 (Ed. Plon)), apportera des données utiles à ce débat sur les valeurs qui président actuellement à la loi, et celles qui pourraient accompagner plus avant les évolutions du pays.

 

16h> 18h
Salle de L'Aubette

L’HOMME.FEMME DE DEMAIN
ET SA SEXUALITÉ

La sexualité subit en permanence le poids de la culture, des traditions et de la religion. Elle avait donc jusqu’ici une certaine diversité qui résultait de toutes ces composantes et de leur infinie variété. Mais la culture se mondialise et les sociétés modernes sont plus sensibles aux images qu’aux grands récits qui les fondent. Une certaine forme d’uniformisation est en marche par devers les pouvoirs moraux et familiaux, mêlant tout à trac les fantasmagories, l’image de ce qu’est la virilité et les représentations collectives sur le féminin. Le marché s’en mêle qui propose traitements et médicaments pour augmenter les performances car nos sociétés sont aussi sensibles à cette norme-là. Même s’il est difficile de regarder par le trou de la serrure de demain, on peut cependant tenter de dire comment les influences d’aujourd’hui pourraient conditionner nos manières de faire l’amour demain.

Avec

Animation : Philippe BRENOT
Psychiatre et anthropologue

Face à un imaginaire de plus en plus standardisé, que va devenir la sexualité humaine ? Cette table ronde se tiendra le mercredi 31 janvier de 16h à 18h et sera coordonnée par Philippe Brenot, directeur des enseignements de sexologie de l’université Paris-Descartes. « Le couple et le plaisir partagé sont des notions très récentes dans notre société », souligne le sexologue. « Le risque d’un retour en arrière reste un enjeu. » Face aux changements actuels de modes de vie et de rencontres, il rappelle que la forme de couple stable au long court reste à inventer.

L’anthropologue Agnès Giard explore l’usage des poupées-femmes et l’industrie des simulacres affectifs au Japon. L’auteur de Un désir d’humain, les love doll au Japon (Les Belles Lettres, 2016) nous expliquera pourquoi elle ne croit pas en l’avenir d’une sexualité mécanique « optimisée » par implants ou prothèses : « Si le sexe a un futur, ce sera celui de technologies non pas destinées à faire de nous des êtres plus « fonctionnels », plus performants, ou plus rentables en termes d’orgasmes, mais au contraire à nous faire vaciller et douter de nous-mêmes. » 

« À quel moment la sexualité cesse-t-elle d’être récréative pour devenir envahissante ? », interrogera Marie-Hélène Colson, directrice des enseignements de sexologie à la faculté de médecine de Marseille. Elle abordera les réalités d’addiction, de dépendance et de violence que charrie la sexualité aujourd’hui, « perdue dans ses contradictions ». De l’observation de ses comportements violents et dangereux pour soi-même et pour autrui, la sexologue retient qu’ils montrent « un lien fort avec des troubles de l’attachement et une insécurité affective, des traumatismes anciens, des violences vécues qui vont inscrire la sexualité future dans l’impossibilité du partage d’intimité avec l’autre et de l’empathie ». Face à ce constat, quel modèle d’éducation sexuelle alternatif au porno pourrait remettre les générations futures sur la voie de l’érotisme ? interroge Philippe Brenot.

 

18h> 20h
Salle de L'Aubette

QUELLE BONNE (OU MAUVAISE) FÉE SE PENCHE SUR VOTRE CERVEAU ?

Lorsque les nouvelles technologies modifient les capacités du cerveau humain, c'est toute l'humanité qui est bouleversée. L’approche mécanique du cerveau permet d’envisager sa modélisation, son traitement et son amélioration. Dès lors, tout semble possible et réalisable. Mais dans un monde où les neurosciences semblent omniprésentes, où l’intelligence devient un outil plutôt qu’un attribut, quel peut être l’avenir de l’homme ? En réunissant autour d’une table, un neurologue, un neurochirurgien, un développeur en Intelligence Artificielle et un philosophe, c’est la question du propre de l’homme qui sera débattue. Que penser de toutes ces bonnes (et mauvaises) fées qui se penchent sur le cerveau de l’homme en proférant des menaces et des promesses ?

Avec

  • Mathieu ANHEIM
    Professeur de neurologie aux hôpitaux universitaires de Strasbourg
  • Mustapha BENMEKHBI
    Neurochirurgien au Centre Hospitalier de Colmar
  • Dan GRÜNSTEIN
    CEO de TokTokDoc, service de télémédecine
  • Olivier PUTOIS
    Psychanalyste, psychologie clinicien et philosophe, Maître de Conférences à l'Université de Strasbourg

Animation : Aurélien BENOILID
Neurologue, chef de clinique assistant aux HUS

 

De nombreuses fées se penchent sur le cerveau de l’homme du berceau à la vieillesse. Cette table ronde animée par le neurologue Aurélien Benoilid tentera d’en faire un état des lieux au croisement des disciplines, mercredi 31 janvier de 18h à 20h. Sans fermer les yeux sur les mauvaises fées qui se pressent aussi au chevet de notre intelligence.

Mathieu Anheim, professeur de neurologie aux hôpitaux universitaires de Strasbourg, a créé un algorithme pour aider au diagnostic des maladies dégénératives rares et sait bien quelles sont les limites de l’intelligence artificielle aujourd’hui. « Le cerveau humain est un trésor qu’il faut qu’on protège », prévient-il. « Il fonctionne très bien et il est très difficile de l’améliorer. » Le professeur met en garde face au décalage entre le battage et les projections fantasmatiques sur l’intelligence artificielle et les problèmes actuels de la science qui « avance pas à pas pour soigner le cerveau des gens. »

Moustapha Benmekhbi est neurochirurgien à Strasbourg. Il apportera notamment son expertise pratique sur la première greffe de tête réalisée en Chine fin 2017 et les perspectives que cette opération ouvre.

Dan Grünstein est directeur de la société alsacienne TokTokDoc qui développe des services de télémédecine. Il a aussi développé un système de diagnostic ORL assisté par intelligence artificielle et est convaincu de « la capacité de l’intelligence artificielle à augmenter le docteur et à l’accompagner dans son diagnostic pour permettre une meilleure offre de soin aux patients à l’avenir ».

Olivier Putois, philosophe et psychanalyste vient de publier avec Alain Vanier et Bernard Golse Epistémologie et méthodologie en psychanalyse et en psychiatrie. Pour un vrai débat avec les neurosciences (Érès, 2017). Il y explore les convergences entre les champs si différents de la psychanalyse et des neurosciences pour une meilleure compréhension du fonctionnement cérébrales et du travail psychique.

 

20h15>
cinéma l'odyssée

film & débat

BIENVENUE À GATTACA

D’Andrew Niccol
Avec Ethan Hawke, Uma Thurman, Jude Law
États-Unis – 1997 – 1h46 – VOST

Dans un monde parfait, Gattaca est un centre d'études et de recherches spatiales pour des jeunes gens au patrimoine génétique impeccable. Jérôme, candidat idéal, voit sa vie détruite par un accident tandis que Vincent, enfant naturel, rêve de partir pour l'espace. Chacun des deux va permettre à l'autre d'obtenir ce qu'il souhaite en déjouant les lois de Gattaca.

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Jeudi 1 février

 
11h> 13h
Salle de L'Aubette

LES TRANSHUMANISTES & LA REPRODUCTION

 

Le transhumanisme qui prône l’usage des sciences et des techniques pour améliorer les caractéristiques physiques et mentales des êtres humains a bien sûr un discours et des objectifs en matière de reproduction. Et les évolutions très rapides des techniques disponibles dans ce domaine obligent le mouvement transhumaniste international à se positionner et à dire comment il voit l’avenir en matière de reproduction, à dire s’il accepte qu’elle ne devienne demain qu’une simple production.

Avec

Animation : Marc ROUX
Président de l'Association Française Transhumaniste

 

13h30> 14h
Salle de L'Aubette

à propos d'un cas

Charles Behr

Chef de Clinique / service d’épileptologie Hôpital de Hautepierre CHU Strasbourg

 

14h> 16h
Salle de L'Aubette

CULTURE, RELIGION & REPRODUCTION

Depuis que les hommes parlent entre eux, leur sujet premier et incontournable est d’aborder le Grand « Il » dont ils se font des représentations plus ou moins précises ou abstraites. Eros & Thanatos sont depuis l’origine du langage dans les préoccupations quotidiennes des humains dont ils règlent aussi les faits et gestes en ce qui concerne la reproduction. Aucune religion, aucune culture ne manque de donner à ses membres une vision du monde et une éthique, plus ou moins révélée et plus ou moins coercitive. Les religions et cultures parfois très différentes et apparues à des moments variés sur la planète ont cependant des lignes de force communes, dont une certaine régulation de la sexualité et de la reproduction. Comment comprendre ces discours aujourd’hui ? A la lumière de ces traditions, que dire sur les techniques actuelles de procréation et sur la différence fondamentale entre reproduction et production ?

Avec

Animation : Karsten LEHMKÜHLER
Professeur de théologie systématique/éthique à l'Université de Strasbourg


16h> 18h
Salle de L'Aubette

ET SI NOTRE ENVIRONNEMENT PERTURBAIT NOTRE REPRODUCTION ?

Les preuves s’accumulent et transforment nos suspicions en certitudes. Certains toxiques dans l’air ambiant ou dans notre alimentation modifient ou perturbent le développement des fœtus humains et notre santé. Nous sommes à l’aube d’une grande inquiétude collective : comment épargner mon enfant de tous les toxiques invisibles qui nous entourent et comment imposer aux industriels des règles qui puissent le mettre à l’abri ? Et quelles règles ? Et comment faire pour qu’ils n’utilisent pas les énormes profits engrangés pour payer des scientifiques à mettre le doute sur leur toxicité ? Juste pour vendre un peu plus, un peu plus longtemps. La complexité immense de ce sujet s’ajoute à la grande diversité de nos approvisionnements car nous ingérons des produits fabriqués à l’autre bout de la planète sans savoir rien de ce qu’ils contiennent. Quand se produira le moment où la révolte populaire grondera contre les profits abusifs effectués au détriment de la santé de nos enfants ?

Avec

  • André CICOLELLA
    Président du Réseau Environnement Santé
  • Corinne LEPAGE
    Avocate, ancienne maître de conférence et ancienne professeure à Sciences Po, ancienne ministre de l'Environnement et députée européenne
  • Jacques REIS
    Prof. Conv. UDS, Chair ENRG-WFN, Président RISE, Président CNE

Animation : Gabriel ANDRÉ
Gynécologue-obstétricien

Monsanto va en prendre pour son grade ! Mais aussi les dirigeants européens, et l’industrie qui favorise le diesel !” : c’est ainsi que Gabriel André, gynécologue obstétricien, résume cette table ronde qu’il animera jeudi 1er février à 16h au Forum de bioéthique.

Selon lui, les enjeux sont de taille, et “c’est à se demander s’il n’est pas trop tard”, au vu des nombreux exemples des effets néfastes de la pollution : “La fertilité masculine a baissé d’1% ces dix dernières années, la pollution est facteur d’endométriose… À Fos-sur-Mer, ville la plus polluée de France, il y a trois fois plus de cancers qu’ailleurs, notamment les cancers “féminins”, et deux fois plus de maladies chroniques. Surtout, de nombreuses études sur le développement d’enfants montrent une corrélation très nette entre la pollution du diesel et un volume cérébral diminué. Et pourquoi y a-t-il dix fois plus d’autistes qu’il y a vingt ans ? Sans compter les perturbateurs endocriniens et la pollution de notre alimentation : des alertes récentes ont découvert chez les femmes corses, qui vivent en bord de mer et consomment du poisson, un taux anormal de mercure et d’arsenic”.

Ce sujet complexe est éminemment d’actualité : la perturbation de notre santé et surtout de nos fonctions reproductives par l’air qui nous entoure, par notre alimentation, par les produits que l’on consomme inquiète de plus en plus : alors comment épargner nos enfants de tous les toxiques invisibles, et surtout, comment réguler leurs utilisations industrielles ? La question est complexe car elle concerne toute notre consommation, basée sur des produits venant du monde entier et difficilement traçables.

Cela suppose alors de réunir de nombreux champs d’expertise pour élaborer une meilleure identification et prise en charge du problème. C’est ce que se propose de faire cette table ronde, en invitant des personnalités d’horizons divers : André Cicolella est chimiste-toxicologue et fondateur du Réseau Environnement Santé, à l‘origine de l’interdiction du Bisphénol A dans les biberons. Auteur de Environnement et Cancer du sein (2016, Ed. Les Petits Matins) et, tout récemment, de Perturbateurs endocriniens. Focus sur cancer de la prostate et reproduction masculine (2017, Ed. Les Petits Matins), il sera à même d’apporter son éclairage sur l’influence de tous les facteurs environnementaux (autant des produits comme le bisphénol A que de l’alimentation ou de la sédentarité) sur les capacités reproductives des hommes et des femmes.

Jacques Reiss, neurologue, chercheur à l’université de Strasbourg et président de la chaire environnementale de la Fédération Mondiale de Neurologie, a travaillé sur la pollution et son impact neurologique. Il interviendra particulièrement sur le développement du fœtus et de l’enfant, surtout au niveau du cerveau. Il évoquera notamment la « fenêtre critique » où l’enfant né ou à naître est exposé à des toxiques, ce qui entraîne des conséquences « irréversibles » sur le cerveau. Sur ces sujets, l’engagement citoyen de Jacques Reiss se traduit notamment par la récente organisation des Rencontres Internationales et Citoyennes Santé et Environnement à Strasbourg.

Car l’implication de la sphère politique est absolument essentielle dans la lutte contre la dégradation de notre environnement, mais aussi contre la puissance du profit face à la santé.

Corinne Lepage pourra faire ce lien et apporter sa contribution, elle qui est une femme politique engagée dans la défense de l’environnement, mais aussi fondatrice du Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN), qui étudie les effets produits par les techniques génétiques sur le vivant. Auteure de La vérité sur les OGM, c'est notre affaire ! (Éd. Charles Léopold Mayer, 2012) mais aussi d’À bout de confiance. De la morale en politique (Ed. Autrement, 2017), elle développera le point de vue qu’elle aborde dans ses livres : celui d’un « nouveau modèle d’expertise, pluraliste, pluridisciplinaire et contradictoire, fondé sur la responsabilité des experts et des politiques, et dans lequel les citoyens ont toute leur place ».


18h> 20h
Salle de L'Aubette

LES ROMANCIERS FACE À LA FILIATION

Jeudi 1er février à 18h à la librairie Kléber, plusieurs romanciers vont s’interroger sur la parentalité et la filiation dans le cadre du Forum de bioéthique. Du point de vue des fils et des filles, comment se construire avec un amour trop présent, ou au contraire l’absence d’un regard bienveillant, le silence d’un père ?

Grâce à la littérature, peut-être, qui peut aider à détricoter et retricoter les mailles de l’enfance, comme en témoignent les personnalités présentes : Colombe Schneck, journaliste et auteure (elle publie en ce début d’année Les guerres de mon père, (Ed. Stock)) se savait choyée par son père, dont la mort l’a plongée dans une grande solitude. A force d’enquêter sur les souffrances qu’il avait traversées, elle dit s’être apaisée : « J’ai compris que nous n’étions pas coupables de nos errances en tout genre et que, peut-être, je pouvais accepter d’être aimée ».

Le père, Metin Arditi le porte « sur ses épaules » (son dernier livre s’intitule Mon père sur mes épaules, (Ed. Grasset)) et continue de le chercher vingt ans après sa mort. Ce père qu’il voyait à peine et qui l’avait mis en pension. Se rappelant les déchirures et les affrontements, l’auteur pourra aborder les étapes qui affleurent dans son livre : l’amour, la rage, la tendresse, et, enfin, le pardon.

C’est de sa mère dont parlera Alexandre Jardin, auteur de Ma mère avait raison (2017, Ed. Grasset), portrait d’une personne hors normes, une femme qui fera endurer de nombreuses épreuves à ses enfants, ne doutant pas qu’ils allaient « les traverser victorieux », raconte l’auteur. Pour lui , « effrayante ou libératrice, toute filiation est une question qui vous aide à devenir un homme-question ou une femme-question : vivant ! »


Avec

Animation : François WOLFERMANN
Responsable des Rencontres d’écrivains (Librairie Kléber) et fondateur et programmateur du Festival "Bibliothèques idéales"

 

 

20h15>
cinéma l'odyssée

film & débat

LA GUERRE DU FEU

De Jean-Jacques Annaud
Avec Everett McGill, Ron Perlman, Nicholas Kadi
France – 1982 – 1h40 – VO

A l'époque de l'âge de pierre, trois guerriers d'une tribu d'homo sapiens partent à la recherche du feu, élément magique vénéré mais redouté, objet de convoitises et de luttes pour la survie de l'espèce. La Guerre du feu est aussi l'histoire d'un homme freiné dans sa volonté de pourvoir à la survie des siens par un ennemi intérieur qui se nomme l'amour. Il passe des rapports de dominance à un rapport émotionnel.

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Vendredi 2 février

 
11h> 13h
Salle de L'Aubette

Soigner les embryons plutôt que de les détruire

 

Le don de mitochondries ou le recours à CRISPR-Cas9 vont permettre de soigner les embryons. Jusqu'ici, lorsqu'un embryon était affecté d'une anomalie pathologique, il était écarté. Soigner vaut manifestement mieux que détruire et si on pense aux attentes des familles de patients et aux devoirs de bienfaisance et d’équité que nous avons vis-à-vis d'elles, on ne peut que s'en réjouir. Toutefois, pour y parvenir, des recherches sur l'embryon doivent être menées, qui soulèvent la question du statut de l’embryon humain, situé quelque part entre les choses et les personnes. Si le droit a tranché cette question, il n’en reste pas moins que, dans l’imaginaire collectif, l’embryon humain revêt une sorte de sacralité laïque : on ne peut pas en faire n’importe quoi. Les problématiques éthiques sont ici très importantes et le débat tel qu’il a lieu dans différents pays, particulièrement en France et en Suisse, est de nature à nous éclairer sur l’usage du diagnostic préimplantatoire et sur les thérapies géniques.

Avec

  • Vincent GRÉGOIRE-DELORY
    Maître de Conférences et directeur de l’École Supérieure d’Éthique des Sciences et de la Santé (ESESS) à l’Institut catholique de Toulouse
  • Bertrand KIEFER
    Rédacteur en chef de la Revue Médicale Suisse, directeur des éditions scientifiques Médecine et Hygiène
  • Anne-Sophie LAPOINTE
    Représentante d'associations de personnes malades, membre du Comité d'Éthique de l'Inserm
  • Julie STEFFANN
    Docteur en médecine et en sciences

Animation : Bernard BAERTSCHI
Philosophe, Université de Genève

 

 

13h30> 14h
Salle de L'Aubette

à propos d'un cas

catherine rongières

Gynécologue Obstétricienne, Coordonnatrice du centre d’Assistance Médicale à la Procréation et  du Comité d’Éthique du Pôle de Gynécologie Obstétrique de Strasbourg. Vice-présidente de la Société de Médecine de la Reproduction

 

14h> 16h
Salle de L'Aubette

Conserver ses ovocytes

Depuis fort longtemps, les hommes sont autorisés à conserver, s’ils le souhaitent, leurs gamètes. En revanche, chez les femmes cette conservation n’est autorisée que dans certaines circonstances très restreintes, comme par exemple le fait d’être atteinte d’une maladie qui peut obérer la fécondité ultérieure. Vestige du pouvoir des hommes sur le corps des femmes ? Manque de confiance sur l’utilisation tardive qu’elles pourraient solliciter ? Cette loi qui date de 2015 souligne, s’il en était besoin, une asymétrie fort curieuse des droits des hommes et des femmes à l’heure où l’on cherche jusque dans l’orthographe et la grammaire à faire disparaître les inégalités.

Avec

Animation : Joëlle BELAISCH-ALLART
Gynécologue à l'hôpital des quatre villes, à Sèvres (Hauts-de-Seine)

Les femmes devraient-elles toutes pouvoir conserver leurs ovocytes ? C’est une table ronde brûlante que Joëlle Belaisch-Allart animera le 2 février de 14h à 16h. La présidente de la société française de gynécologie a vivement critiqué l’avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) contre une ouverture à toutes les femmes de la possibilité de conserver leurs ovocytes, rendu en juin en amont de la révision des lois de bioéthique. La conservation de ses propres ovocytes existe en France depuis 2015 dans des cas limités et notamment pour les donneuses de gamètes.

Pour débattre du sujet, Joëlle Belaisch-Allart donnera la parole à Pierre Jouannet, membre de l’Académie nationale de médecine qui a rendu début 2017 un rapport favorable à la conservation des ovocytes en dehors des indications médicales. « Un avis qui n’allait pas sans réflexions et interrogations sur la technique, son efficacité et ses conséquences », prévient-il. Frédérique Kuttenn, explicitera l’avis du CCNE, dont elle était le rapporteur. « Un avis d’information et de prudence, un avis social plus que sociétal », explique-t-elle. La présidente du collège des enseignants universitaire de gynécologie médicale déplore un manque d’information du grand public sur les risques et la faible utilité de la pratique et met en garde contre le nouveau modèle de procréation que sa généralisation induirait, répondant à des intérêts économiques.

Louis Bujan, président de la Fédération des Centres d’études et de conservations des œufs et du sperme humain (CECOS) jusqu’en 2016, a alerté dès 2010 sur les faibles moyens pour faciliter les dons d’ovocytes en France.

Corinne Thébault, rédactrice en chef de l’émission La maison des maternelles, sur France 5, fera part de l’intérêt du public féminin qu’a suscité l’autoconservation d’ovocytes dans le cadre de l’édition qu’elle a consacrée à la pratique. Pour l’heure, des Françaises en bénéficient en se rendant à l’étranger, a-t-elle constaté.

Le grand témoin de cette table-ronde, la doctorante Manon Vialle, a soutenu fin 2017 sa thèse Infertilité normale versus infertilité pathologique : une opposition en question. Elle y interroge les référents strictement naturalistes et biologiques du modèle bioéthique français en matière de traitement de l’infertilité féminine.


16h> 18h
Salle de L'Aubette

Anonymat & gratuité des dons de gamètes et d’embryons

Depuis les années 1970 où des pionniers, dont le Pr Georges David, créèrent les CECOS, structures pour le développement du don de sperme et de l’autoconservation de gamètes, afin de permettre à des couples touchés par des situations d’infertilité de procréer, les évolutions ont été fulgurantes. Aujourd’hui gamètes mâles et femelles et embryons peuvent être conservés. Comment vont évoluer les pratiques de don dans les années à venir ? Pour des couples composés d’un homme et d’une femme, pour des célibataires, pour des couples homosexuels ? Dans le cadre de la préservation de sa propre fertilité, qui pourra et aura de droit de conserver ses gamètes ? Tout citoyen ? Pour quelles finalités d’usage, pour quel âge limite d’utilisation ? Des questions importantes se posent en parallèle concernant le devenir des embryons surnuméraires en garde dans les centres de procréation médicalement assistée ; quels usages pourra-t-on en faire et dans quels buts ? Et dans tout cela, quid de la gratuité ou de la commercialisation de ces éléments et produits du corps humain ? Quid de la prise en charge financière de ces prestations ? Quid de la liberté de chacun de procréer comme il le souhaite, quand il le souhaite ? Et quid de la vérité et du secret sur ses origines pour l’enfant à naître ? Ces questions seront au cœur de la prochaine révision des lois de bioéthique ; raison de plus d’ouvrir le débat avec le public !

Avec

Animation : Grégoire MOUTEL
Médecin hospitalo-universitaire, Professeur en médecine légale et droit de la santé, Normandie Université. Chef de service au CHU de Caen; Directeur de l’EREN, Espace de Réflexion Ethique de Normandie
 

Comment l’ouverture du don aux couples de même sexe et aux célibataires pourrait en changer le sens symbolique ? Seront-ils prêts à accepter une parentalité non biologique en accueillant des embryons sans leur patrimoine génétique ? Comment vont évoluer les pratiques de don de gamètes ? Quelles informations doivent avoir les enfants qui en naissent ?

Pour aborder ces questions et bien d’autres, au cœur de la prochaine révision de bioéthique, le professeur en médecine légale et droit de la santé Grégoire Moutel animera cette table-ronde vendredi 2 février de 16h à 18h. Membre du groupe Genre, médecine et recherche au sein du comité d’éthique de l’Inserm, la politologue Jennifer Merchant évoquera l’encadrement des dons à la science d’embryons surnuméraires issus de fécondation in vitro aux Etats-Unis. « Les couples américains donnent plus aujourd’hui qu’au début car ils ont désormais plus d’informations sur la destination de leurs dons », observe-t-elle.

Pierre Jouannet, ex-président de la Fédération des Centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme humain prévient : « si les choix éthiques et politiques de la France sont clairs dans la loi en termes de dons de gamètes, encore faut-il se donner les moyens de la mettre en œuvre, notamment en matière de dons d’ovocytes.»

Le philosophe suisse Bernard Baertschi vient d’un pays où l’anonymat des dons n’existe pas. Si la gratuité des dons peut trouver des raisons pratiques évidentes, il émet de sérieux doutes quant à l’idée de l’ériger en principe et d’évacuer les questions de compensation et d’incitation - qui existent bel et bien pour les dons du sang par exemple.

Le sociologue Guillaume Grandazzi explore le champ de la santé depuis une décennie et notamment les inégalités sociales de santé. Il réinterrogera les aspects sociaux et culturels du recours aux dons qui concerne encore des bénéficiaires favorisés.

Virginie Rio, mère de deux enfants conçus par assistance médicale à la procréation (AMP), est fondatrice du collectif BAMP qui milite pour une meilleure implication des personnes infertiles dans leur parcours de soin et pour une meilleure information sur les solutions à l’infertilité. Elle est co-auteure de Le couple face à la médicalisation de son désir d’enfant, une autonomie à conquérir dans L’autonomie à l’épreuve du soin (éd. Cécile Ledefaut, 2015).

Suzanne Thomas, étudiante à l’école normale supérieure de Lyon et active dans le monde socio-associatif interviendra dans cette table-ronde comme grand témoin issue de la société civile.


18h> 20h
Salle de L'Aubette

Le Cinéma et la transmission

Le cinéma a traité abondamment les questions de la filiation et de la transmission. Bien sûr les angles de vue sont différents mais il paraissait important d’interroger cette modalité d’expression sur la thématique annuelle du Forum européen de Bioéthique.

Avec

Animation : Faruk GÜNALTAY
Directeur du cinéma l'Odyssée

 

 

20h15>
cinéma l'odyssée

film & débat

LES JOIES DE LA FAMILLE

D’Ella Lemhagen

Avec Gustaf Skarsgard, Torkel Petersson,
Thomas Ljungman
Suède - 2008 - 1h43 - VOST

Göran et Sven, un couple homosexuel vivant dans une banlieue suédoise idyllique, ont été jugés aptes à adopter un enfant. Un jour, ils reçoivent une lettre leur apprenant qu’ils vont pouvoir élever un jeune Suédois nommé Patrik, âgé d’un an et demi. Mais quand Patrik arrive, ils ont une surprise…

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Samedi 3 février

 
11h> 13h
Salle de L'Aubette

Le politique et la liberté reproductive des citoyens

 

La loi française qui encadre l’aide médicale à la procréation et qui est révisée régulièrement est à la fois complexe et très précise. Peut-être trop précise. On pourrait estimer que dans un pays multiculturel comme la France, le législateur se soit contenté de déterminer les valeurs et les grandes orientations de principe issues d’un consensus national. Il n’en a pas été ainsi et cette loi prolixe entre désormais en conflit avec les évolutions techniques rapides mais aussi avec les changements de mœurs non moins évolutifs. Le débat de cette table ronde va donc explorer le rôle du législateur dans un domaine qui touche à l’intimité des citoyens. Doit-il tout définir par le détail ou doit-il se contenter de dire les grands principes auxquels nous tenons tous ?

Avec

Animation : Véronique FOURNIER
Cardiologue, dirigeante du Centre d'éthique clinique à l'hôpital Cochin

Le législateur français s’apprête à décider s’il autorise l’accès de l’aide médicale à la procréation (AMP) aux couples de femmes homosexuelles et aux femmes célibataires. Véronique Fournier, directrice du centre d’études éthiques de l’hôpital Cochin propose à travers cette table ronde samedi 3 février de 11h à 13h, de faire un pas de côté : « Plutôt que de se demander s’il faut ou pas autoriser l’accès à l’AMP, posons la question : jusqu’à quel point le législateur et donc la société sont-ils légitimes à autoriser ou à interdire à des citoyens de mener leur vie privée ? »

Tugdual Derville, président de l’association conservatrice Alliance Vita prône le non élargissement de l’accès à l’AMP au nom de valeurs liées à une certaine conception de la famille. Il expliquera sur quoi se fonde sa position selon laquelle la société est légitime pour définir ce qu’est une famille et donc pour interdire de nouveaux types de famille.

Les travaux de la politologue Camille Froidevaux-Metterie portent sur le renouveau du féminisme et le défi de la singularité sexuée des femmes dans nos sociétés en voie de désexualisation. L’auteur de La Révolution du féminin (Gallimard, 2015) interrogera la tendance actuelle de la société à chercher l’égalité homme-femme : dans cette dynamique, ne doit-elle pas contribuer à corriger l’inégalité biologique entre les sexes et donc faciliter l’accès des femmes à l’AMP ?

En juin, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a rendu un avis favorable à l’élargissement de l’accès à l’AMP pour les femmes en couples homosexuels ou célibataires. Une telle autorisation devrait-elle impliquer une prise en charge financière de l’AMP pour ces nouveaux publics alors que la France n’autorise pour l’heure que l’AMP qu’elle finance ? Peut-on accepter que les homosexuels soient à égalité d’accès aux dons de sperme anonymes que les hétérosexuels, alors qu’il y a déjà pénurie en France en la matière ? Jusqu’où la société serait-elle prête à assumer l’égalité et la qualité d’accès à l’AMP aux couples homosexuels et aux femmes célibataires ? Jean-François Delfraissy, nouveau président du CCNE, affrontera ces questions non tranchées par l’institution dans son avis.

 

13h30> 14h
Salle de L'Aubette

à propos d'un cas

Cyril COHEN

Cardiologue libéral, spécialiste des Maladies du Coeur et des Vaisseaux

 

14h> 16h
Salle de L'Aubette

La reproduction de demain :
gamètes artificiels

Il n’y a pas, et il n’y aura jamais, de limite à la curiosité humaine. Et les chercheurs sont les plus curieux des humains. Que faire de leurs découvertes quand ils seront capables d’obtenir des gamètes à partir de cellules différenciées comme celle de la peau par exemple. Faire des spermatozoïdes à partir d’une peau de femme et des ovules à partir de celle d’un homme ? On sait faire depuis longtemps qu’une cellule différenciée retourne vers un état indifférencié. Mais obtenir à partir d’une cellule à 46 chromosomes des gamètes à 23 chromosomes ; impensable il n’y a pas longtemps. Réaliste aujourd’hui. Pour quoi faire ? Malheureusement, les hommes ne se posent toujours les questions qu’après coup, quand l’outil est là. Un temps groggy par leurs découvertes, ils finissent par les utiliser pour le meilleur et pour le pire, toujours. Homo Sapiens ne supporte pas la frustration.

Avec

  • Pierre JOUANNET
    Professeur émérite, Université Paris Descartes
  • Catherine RONGIÈRES
    Gynécologue Obstétricienne, Coordonnatrice du centre d’Assistance Médicale à la Procréation et  du Comité d’Ethique du Pôle de Gynécologie Obstétrique de Strasbourg. Vice-présidente de la Société de Médecine de la Reproduction
  • François VIALLA
    Professeur des universités. Directeur du Centre Européen d’Études et de Recherche Droit&Santé. UMR 5815 Université de Montpellier

Animation : Samir HAMAMAH
hef de service du département de biologie de la reproduction et directeur de recherche au CHRU de Montpellier


16h> 18h
Salle de L'Aubette

Les enjeux difficiles de la GPA

Les problèmes éthiques soulevés par la Grossesse Pour Autrui sont parmi les plus complexes en éthique de la reproduction et paradoxalement les moins discutés. Le débat public s’est figé comme au temps où certains sujets n’étaient pas autorisés à la discussion des citoyens. Et de fait la prohibition généralisée entraîne souvent des effets plus pervers encore que ceux qu’on aurait voulu éviter. Ne réduire ni l’enfant ni la mère à l’état de marchandise, voilà l’enjeu. Quand le marché s’empare de cette pratique, cela donne ce qui se passe dans certains états où le catalogue le dispute au tarif. La licence totale comporte donc les mêmes écueils que l’interdit généralisé. Et pourtant certains pays se sont sortis par le haut de ce dilemne en l’affrontant. C’est ce que se propose de faire cette table ronde où les différents angles de ce sujet difficile seront éclairés pour que chacun puisse se faire son idée à l’aide de ses valeurs personnelles.

Avec

Animation : Israël NISAND
rofesseur de médecine, chef de pôle gynécologie-obstétrique, hôpitaux universitaires de Strasbourg, fondateur du Forum Européen de Bioéthique

Avec cette table ronde, il s’agit « d’ouvrir un débat autour d’un des enjeux de bioéthiques les plus sensibles », d’après le professeur Israël Nisand, qui l’animera samedi 3 février à 16h. Un enjeu qui touche aux thèmes de la maternité (la norme de la « bonne mère »), mais aussi des relations entre personnes de milieux sociaux différents. L’objet est de soulever la question d’une régulation quand les gens vont massivement à l’étranger pour contourner l’interdit absolu français, qui entraîne souvent des effets pervers. La table ronde propose d’affronter le dilemme, avec le souci de donner la parole à ses partisans et opposants dans le respect mutuel, mais aussi en tournant le sujet sous différents angles, ce qui se retrouve dans les intervenants venant apporter leur éclairage :

Laurence Brunet apportera son point de vue de juriste, spécialiste en droit de la famille et chercheuse à la Sorbonne. Elle pourra évoquer les différents contextes juridiques en Europe, puisqu’elle avait coordonné le rapport de 2013 pour le Parlement Européen sur l’état des législations sur la gestation pour autrui (GPA) en Europe. S’il montrait que la législation sur ce sujet est très disparate sur le vieux continent, il édictait quelques recommandations, parmi lesquelles un minimum d’encadrement de la GPA, un consensus sur la reconnaissance de la filiation des enfants, et une certaine harmonisation à l’échelle mondiale en commençant par une convention internationale.

Laurence Brunet et les autres experts y soulignent la priorité à donner à l’intérêt des enfants. Pour elle, le sens de l’Histoire, c’est “d’organiser la GPA, [car] on ne peut pas revenir en arrière.”  Dans son article La globalisation internationale de la gestation pour autrui, publié dans la revue Travail Genre et sociétés en 2012, Laurence Brunet suggère que la défiance qui entoure la GPA peut en partie s’expliquer par le fait qu’elle renverse le principe d’anonymat du don cher à la loi française dans le domaine de l’aide médicale à la procréation en général.

Ce point de vue juridique sera complété par l’intervention de Marion Abecassis, juriste et avocate, qui regarde déjà vers l’avenir pour poser les questions aujourd’hui. Dans l’article Artificial Wombs : ‘the Third Era of Human Reproduction’ and the Likely Impact on French and U.S. Law, paru dans le Hastings Women’s Law Journal, elle anticipe l’arrivée de futurs “utérus artificiels” et explore les réponses possibles aux questions que pose une telle technologie, particulièrement sur trois sujets : le statut de l’embryon, le lien de parenté, et l’accès à ce type de technologies. Sans prendre position sur le plan idéologique, elle veut poser la question de « ce qui dérange » et anticiper les nouvelles technologies.

En face des juristes, le contrepoint psychanalyste sera assuré par Sophie Marinopoulos, psychologue clinicienne à l’Hôpital Mère-enfants du CHU de Nantes. Auteure de La grossesse pour autrui : quels enjeux pour quelles constructions familiales, dans La Gestation pour autrui (G. David, R. Herion, 2011, Ed. Lavoisier), elle plaide pour la prudence et la nécessité de la réflexion, et indique : « Notre vigilance doit nous permettre de rester dans des naissances d’enfant issues de l’enfantement et non simplement d’une manipulation biologique procréative ».

Elle a notamment travaillé sur les différents axes de filiation et la construction de la maternité et soulève que la filiation biologique « ne suffit pas pour devenir parent » mais est complétée par la filiation psychique. Dans ses publications, elle propose quelques pistes pour un cadre de la GPA, qui s’en tiendrait toutefois à la seule possibilité de « parents de sexes différents ».

Au contraire, Martine Boussel, membre de la Commission « Science » de la Fédération  Nationale de la Libre pensée (mouvement philosophique et association laïque), plaide pour la GPA pour tous au nom de l’égalité des droits, et un encadrement pour éviter les dérives, car « chacun doit pouvoir décider en fonction de sa liberté de conscience », et que « la pire des choses, c’est l’interdiction ». La Fédération de la libre pensée avait émis sa vision d’un encadrement de la GPA, qui donnerait notamment un rôle important de contrôle à l’agence de la biomédecine.


18h> 20h
Salle de L'Aubette

Société de marché
et marché de la Reproduction

La Reproduction, comme de nombreuses activités humaines, donne lieu à un gigantesque marché mondial fort lucratif. Les laboratoires fabriquent les médicaments, les médecins soignent les couples. Jusqu’ici pas de problèmes sauf si on soigne inutilement. Mais certains achètent et revendent des gamètes ou des embryons humains quand ce n’est pas le corps des femmes qui est loué ou des enfants volés qui sont revendus. Ce marché répond donc à un très large spectre de pratiques qui vont de l’acceptable au pire. Il est important, pour se faire une idée personnelle, de savoir ce qui se passe au niveau des profits des uns et des autres, ce qui peut nous amener à préférer des moyens de reproduction qui n’obèrent pas l’autonomie des femmes et des enfants. 

Avec

  • Oriol COLL
    Gynécologue obstétricien. professeur agrégé à la Faculté de médecine de l'Université de Barcelone
  • Maud DE BOER BUQUICCHIO
    Ancienne secrétaire générale adjointe du Conseil de l'Europe, rapporteur spécial des Nations Unies sur la vente et l'exploitation sexuelle des enfants
  • Ernest LOUMAYE
    MD, PhD, Co-Fondateur et CEO de ObsEva SA

Animation : Bernard HÉDON
Gynécologue obstétricien. Professeur de Gynécologie-Obstétrique et de médecine de la reproduction - Faculté de Médecine Montpellier-Nîmes

 

20h15>
cinéma l'odyssée

film & débat

la piel que habito

De Pedro Almodóvar

Avec Antonio Banderas, Elena Anaya, Marisa Paredes
Espagne - 2011 - 1h57 - VOST

 

Après l’accident de voiture dans lequel sa femme a été victime de brûlures, le docteur Robert Ledgard, éminent chirurgien esthétique, se consacre à la création d’une nouvelle peau : sensible aux caresses. Outre les années de recherche et d’expérimentation, il faut aussi à Robert un cobaye, un complice et une absence totale de scrupules.

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Dimanche 4 février

 
11h> 13h
Salle de L'Aubette

RENCONTRE AVEC
Jean-Claude AMEISEN

Directeur du Centre d’Etudes du Vivant (Institut Humanités Sciences et Société – Université Paris Diderot), Président d’honneur du Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE)

 

Se reproduit-on jamais ?

Animation : Israël NISAND
Professeur de médecine, chef de pôle gynécologie-obstétrique, hôpitaux universitaires de Strasbourg, fondateur du Forum Européen de Bioéthique

 

 

13h30> 14h
Salle de L'Aubette

Bioéthique, ce qu’en disent les Français

Sondage
la croix - forum européen de Bioéthique

Voir le dossier sur le site de LA CROIX
 

Un sondage de l’Ifop pour « La Croix » et le Forum européen de bioéthique montre une évolution majeure des Français sur les questions de procréation et de fin de vie. Favorable à une révision de la législation en la matière, l’opinion publique française souscrit – consciemment ou non – à un individualisme sans entrave.

C’est une photographie de la société française, à quelques jours du lancement des états généraux de la bioéthique, le 18 janvier, par le président du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) Jean-François Delfraissy, et alors que le gouvernement entend réviser les lois de bioéthique à la fin de l’année.

Le sondage Ifop réalisé pour La Croix et le Forum européen de bioéthique révèle une opinion publique en apparence très favorable à un changement de la législation sur ces sujets, laissant apparaître un libéralisme assumé en la matière. La grande majorité des Français souhaiterait ainsi une nouvelle loi sur la fin de vie, et seule une minorité resterait complètement hostile à la gestation pour autrui (GPA). De même, 60 % plaideraient en faveur de l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA)… contre 24 % en 1990 !

 

  • Aurélien BENOILID
    Neurologue, chef de clinique assistant aux HUS
  • Loup BESMOND
    Journaliste - rubrique bioéthique / La Croix
  • Israël NISAND
    Professeur de médecine, chef de pôle gynécologie-obstétrique, hôpitaux universitaires de Strasbourg, fondateur du Forum Européen de Bioéthique
     
 

14h> 16h
Salle de L'Aubette

La diversité des parentalités

Procréation médicalement assistée, maternité en solo, gestation pour autrui, adoption, ces diverses manières de devenir parent bouleversent nos représentations de la famille et de la filiation. Pour autant, cette diversité induit-elle une révolution de la parentalité ?

Avec

Animation : Martine GROSS
Sociologue, EHESS, CéSor

Dimanche 4 février, la sociologue Martine Gross animera au Forum de bioéthique une table-ronde dont l’objet est “d’illustrer la diversité des formes familiales”. L’enjeu n’est pas “d’avoir un débat pour ou contre”, mais d’apporter un éclairage sur certaines façons de vivre la famille et la parentalité. Ainsi, les manières de devenir parent se multiplient, entre la procréation médicalement assistée (PMA), la gestation pour autrui (GPA) ou encore l’adoption, et modifient nos représentations. Mais y a-t-il pour autant une révolution de la parentalité ? Les différents intervenants en présence apporteront leur expertise sur la question, grâce à leur différents champs de recherche.

Jérôme Courduries, anthropologue et coordinateur de l’ouvrage Homosexualité et parenté (Ed. Armand Colin, 2014), s’intéresse depuis longtemps à ce que l’homosexualité produit sur l’expérience de la parenté, et travaille aujourd’hui sur la GPA.

Son point de vue sur l’homoparentalité sera complété par Alain Ducousso Lacaze, psychologue clinicien à l’Université de Poitiers qui proposera une approche plus clinique des nouvelles formes de famille, au titre notamment de sa fonction de coordinateur d’un programme de l’Agence Nationale de la Recherche (« Homoparentalité, fonctionnement familial, développement et socialisation des enfants »).

Pour traiter de la parentalité autour de la PMA, Dominique Mehl, sociologue à l’École des hautes études des sciences sociales (EHESS), apportera son éclairage issu de sa récente enquête sur la maternité volontaire solo, dans un contexte français de « loi extrêmement restrictive », qui interdit aux femmes célibataires mais aussi aux couples lesbiens d’avoir recours à la PMA.

La psychologue clinicienne Despina Naziri pourra parler de ces couples du point de vue du vécu psychologique. Elle s’y est intéressée dans une série d’articles récents qui portaient sur la trajectoire psychique des couples lesbiens impliqués dans un projet de parentalité par Insémination Artificielle avec Donneur (IAD).

Enfin, pour pouvoir aborder la parentalité dans des situations d’adoption, la pédopsychiatre Fanny Cohen Herlem mettra sur la table des chiffres et statistiques permettant d’appréhender la situation actuelle, marquée par « une chute radicale de l’adoption, et une hausse des candidats à l’adoption ». Auteure de L’adoption : Une filiation du cœur (Ed. Cavalier Bleu, 2013) et de Adopter ces enfants nés ailleurs (Ed. Pascal, 2012), elle souhaite, dans cette discussion autour de la parentalité, se placer également du côté des enfants. Car il ne faut pas oublier selon elle que « l’adoption est une mesure de protection de l’enfance, à laquelle il faut une préparation minutieuse ».

 

16h> 18h
Salle de L'Aubette

Révision de la loi "Bioéthique" en 2018 : ce qui pourrait changer

Le CCNE, créé en 1983 par François Mitterrand après la naissance du premier « BB éprouvette » a pour mission de donner des avis sur les problèmes éthiques et les questions de société soulevées par les progrès de la connaissance dans les domaines de la biologie, de la médecine et de la santé et notamment sur l’évolution de la loi dite de Bioéthique qui est révisée tous les 7 ans. Sa dernière révision date de 2011. Le législateur va donc organiser le débat dans le pays tout au long de l’année 2018. Animée par l’actuel Président du CCNE, cette table ronde prend donc une acuité particulière. Il s’agit d’abord de savoir comment se passe une telle révision de la loi, qui a son mot à dire et comment on concilie, dans notre société multiculturelle, des opinions parfois fort divergentes. Ce travail est pourtant fondamental, aux limites entre la sociologie, l’anthropologie, la philosophie et les grands équilibres sociétaux de notre pays. On ne pourrait pas parler de démocratie s’il n’avait pas lieu dans de bonnes conditions pour que chacun puisse s’approprier les nouvelles règles, bien sûr provisoires, en matière de bioéthique. Cette table ronde pourrait donc aussi s’intituler : Comment, en France, s’écrit le monde de demain.

Avec

  • YVES BUR
    Ancien Député, Vice-Président de l’Eurométropole de Strasbourg, Maire de Lingolsheim
  • Anne COURRÈGES
    Directrice générale de l’Agence de la Biomédecine
  • Alain FONTANEL
    Premier adjoint au Maire de Strasbourg
  • Anne-Sophie LAPOINTE
    Représentante d'associations de personnes malades, membre du Comité d'Éthique de l'Inserm

Animation : Jean-François DELFRAISSY
Président du Comité Consultatif National d’Éthique

2018 est l’année de la révision de la loi « Bioéthique ». Introduite en 1994, elle vise à définir un cadre pour l’intervention de la médecine sur l’humain. L’objectif est de garantir la dignité de la personne et d’éviter toute forme d’exploitation (clonage, trafic d’organes…). Au fil des années, elle s’est enrichie pour adresser les évolutions sociétales et médicales. Elle est révisée tous les 7 ans.

Dimanche 4 février à 16h, qui mieux placé que Jean-François Delfraissy pour animer cette table ronde du Forum de bioéthique ? Immunologiste et Président du Comité Consultatif National d’éthique, c’est à lui qu’incombe d’organiser les Etats Généraux de la bioéthique.

Les thèmes essentiels soulevés à cette occasion (l’utilisation des tissus, des organes, la recherche sur les embryons, la modification de l’ADN, les nouvelles techniques d’aide médicale à la procréation) supposent en effet une vaste consultation pour assurer un débat dans de bonnes conditions.

L’objectif est de concilier autant que faire se peut des opinions divergentes. Un travail fondamental à la croisée des chemins entre sciences, sociologie, anthropologie et philosophie. C’est ainsi que divers intervenants viendront apporter leur expertise sur ces sujets brûlants et sur la manière de mener le débat, et évoquer les évolutions possibles de la loi :

Anne Courrèges apportera le point de vue de l’agence de la biomédecine (ABM), dont elle est directrice générale.

L’ABM a été créé par la première loi bioéthique pour accompagner et informer dans les domaines de greffe, de la PMA et de la génétique. Auditionnée dans le cadre de la révision et auteure de deux rapports, elle est une experte pour expliquer ce que recouvre la loi et ce qui est envisagé pour son avenir. L’ABM est spécialisée sur certains sujets, comme le don d’organes et de tissus.

C’est le député Cédric Villani qui viendra détailler le rôle du législateur : vice-président de l’Office Parlementaire des Choix Scientifiques et Techniques, il aura à charge d’évaluer le rapport produit par le CCNE et de participer avec les représentants de la nation à l’élaboration de la nouvelle loi.

Il travaille principalement sur un rapport sur l’intelligence artificielle, un sujet qui a toute sa place dans le débat sur la bioéthique, avec le traitement des données personnelles des patients notamment. Une consultation publique sur le sujet a été lancée à l’automne 2017.

La parole est aussi donnée aux associations de patients, comme celles dont fait partie Anne-Sophie Lapointe : Vaincre les Maladies Lysosomales, Eurordis (Fédération européenne des maladies rares) et le Codeem, (Comité de déontovigilance du Leem, les entreprises du médicament).

Spécialiste des maladies rares, elle est titulaire d’une thèse de bioéthique et pourra apporter sa perspective de citoyenne et de parent d’enfants atteints de la maladie de Hunter. Elle parlera surtout de la manière d’associer les patients aux choix médicaux, de construire des liens avec des partenaires européens et internationaux, et de la question des données personnelles.

 

20h15>
cinéma l'odyssée

film & débat

L’ŒUF DU SERPENT

D’Ingmar Bergman

Avec Liv Ullmann, David Carradine,
Gert Fröbe
États-Unis – 1977 - 2h00 - VOST

Berlin, 1923. Un paquet de cigarettes coûte 4 milliards de marks. C'est l'inflation galopante, le chômage, la misère et le désespoir. Au milieu du chaos, Abel Rosenberg se sent triplement étranger puisqu'il est juif, américain et chômeur. Alors qu'il se perd dans l'alcool, Abel découvre le corps de son frère suicidé d'une balle dans la bouche. Interrogé par le commissaire, il a l'intuition qu'on le soupçonne de plusieurs meurtres perpétrés dans le quartier. Il se réfugie auprès de Manuela, ancienne compagne de son frère qui joue un numéro dans un cabaret des bas-fonds. Ensemble, ils font une rencontre perfide et s'égarent dans la peur, menacés par un mal innommable qui "tel un œuf de serpent, laisse apparaître à travers sa fine coquille la formation du parfait reptile »

 
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Le Forum Européen de Bioéthique à invité les meilleurs spécialistes français et européens pour nous expliquer  où nous en sommes sur les grandes questions abordées dans le thème de cette édition 2018 : Produire ou se Reproduire.