Vers une bioéthique de la santé globale : soigner les corps, préserver la Terre
Les changements environnementaux — réchauffement climatique, pollution de l’air, dégradation des écosystèmes, perte de biodiversité — ont des répercussions directes et indirectes sur la santé humaine : maladies respiratoires, pandémies émergentes, malnutrition ou encore vulnérabilité accrue des populations fragiles. Cette réalité met en évidence la notion de santé globale, qui relie étroitement santé humaine, santé animale et santé de la planète. Elle révèle aussi une tension bioéthique au cœur du thème « santé et société » : comment concilier les intérêts individuels (droit de chacun à vivre dans un environnement sain) et les impératifs collectifs (nécessité de repenser nos modes de production, de consommation et de solidarité internationale) ? À l’échelle européenne comme mondiale, la gouvernance de la santé ne peut plus s’arrêter aux frontières nationales : elle implique une responsabilité partagée, des politiques coordonnées et une réflexion sur la justice climatique et sanitaire. Penser la santé globale, c’est donc inscrire la bioéthique dans une perspective élargie, où soigner les personnes suppose aussi de préserver l’équilibre de nos milieux de vie.