L’intelligence artificielle s’impose désormais comme un outil majeur dans le champ de la santé, qu’il s’agisse de diagnostic, de prévention ou de gestion hospitalière. Face à la domination technologique des États-Unis et à l’essor fulgurant de la Chine, l’Europe cherche à construire une voie singulière, fondée sur la régulation, la protection des données et le respect des droits fondamentaux. Ce choix met en lumière une tension bioéthique entre l’intérêt collectif — garantir la sécurité, la transparence et l’égalité d’accès aux technologies — et l’intérêt individuel, qui peut être de bénéficier rapidement des innovations les plus performantes. Le débat dépasse donc la seule efficacité technique : il interroge la capacité de l’Europe à rester compétitive tout en affirmant un modèle de gouvernance respectueux de la dignité humaine. La question devient alors : l’Europe peut-elle, en matière d’IA et de santé, proposer un équilibre original entre innovation et éthique, et ainsi peser face aux autres puissances mondiales ?