La question du coût de la santé révèle une tension majeure entre l’intérêt individuel — recevoir les meilleurs soins possibles, sans limite — et l’intérêt collectif, qui suppose de gérer des ressources rares. Les innovations médicales, souvent coûteuses, les maladies chroniques et le vieillissement démographique mettent sous pression les budgets de santé dans toute l’Europe. Peut-on, dès lors, continuer à soigner « sans compter » quand l’équité et la soutenabilité du système sont en jeu ? Le débat bioéthique n’est pas seulement économique : il interroge la valeur que nos sociétés accordent à la vie, à la solidarité et à la justice. Réfléchir au « prix du soin » invite donc à penser une médecine à la fois responsable, solidaire et fidèle à sa vocation première.