La révolution numérique bouleverse l’organisation des soins : téléconsultation, dossiers médicaux partagés, applications de suivi ou intelligence artificielle facilitent l’accès et la continuité des prises en charge. Ces innovations renforcent l’efficacité des systèmes de santé et semblent répondre à un intérêt collectif, notamment dans un contexte de démographie médicale fragile. Mais elles révèlent aussi de nouvelles inégalités : fractures numériques, difficultés d’accès aux outils pour les personnes âgées, précaires ou isolées, perte du lien humain dans la relation soignant-soigné. Là où certains gagnent en autonomie et en rapidité, d’autres se trouvent exclus ou stigmatisés. La bioéthique est donc convoquée : comment concilier l’intérêt général de moderniser les soins avec l’exigence de justice et de dignité individuelle ?