La prévention est devenue un axe central des politiques de santé : vaccination, dépistage, campagnes nutritionnelles ou lutte contre les addictions. Pourtant, elle cristallise une tension éthique entre l’intérêt collectif — protéger la population et réduire les coûts de santé — et l’intérêt individuel, qui revendique la liberté de choix et la maîtrise de ses propres risques. Certaines mesures préventives, comme les obligations vaccinales ou les restrictions liées au tabac et à l’alcool, peuvent être perçues comme intrusives, voire liberticide. Interroger la prévention, c’est se demander jusqu’où la société peut orienter ou contraindre les comportements individuels au nom de la solidarité, tout en garantissant la dignité et la liberté de chacun.