L’HOMME.FEMME DE DEMAIN ET SA SEXUALITÉ

L’HOMME.FEMME DE DEMAIN
ET SA SEXUALITÉ

La sexualité subit en permanence le poids de la culture, des traditions et de la religion. Elle avait donc jusqu’ici une certaine diversité qui résultait de toutes ces composantes et de leur infinie variété. Mais la culture se mondialise et les sociétés modernes sont plus sensibles aux images qu’aux grands récits qui les fondent. Une certaine forme d’uniformisation est en marche par devers les pouvoirs moraux et familiaux, mêlant tout à trac les fantasmagories, l’image de ce qu’est la virilité et les représentations collectives sur le féminin. Le marché s’en mêle qui propose traitements et médicaments pour augmenter les performances car nos sociétés sont aussi sensibles à cette norme-là. Même s’il est difficile de regarder par le trou de la serrure de demain, on peut cependant tenter de dire comment les influences d’aujourd’hui pourraient conditionner nos manières de faire l’amour demain.

Avec

Animation : Philippe BRENOT
Psychiatre et anthropologue


Face à un imaginaire de plus en plus standardisé, que va devenir la sexualité humaine ? Cette table ronde se tiendra le mercredi 31 janvier de 16h à 18h et sera coordonnée par Philippe Brenot, directeur des enseignements de sexologie de l’université Paris-Descartes. « Le couple et le plaisir partagé sont des notions très récentes dans notre société », souligne le sexologue. « Le risque d’un retour en arrière reste un enjeu. » Face aux changements actuels de modes de vie et de rencontres, il rappelle que la forme de couple stable au long court reste à inventer.

L’anthropologue Agnès Giard explore l’usage des poupées-femmes et l’industrie des simulacres affectifs au Japon. L’auteur de Un désir d’humain, les love doll au Japon (Les Belles Lettres, 2016) nous expliquera pourquoi elle ne croit pas en l’avenir d’une sexualité mécanique « optimisée » par implants ou prothèses : « Si le sexe a un futur, ce sera celui de technologies non pas destinées à faire de nous des êtres plus « fonctionnels », plus performants, ou plus rentables en termes d’orgasmes, mais au contraire à nous faire vaciller et douter de nous-mêmes. » 

« À quel moment la sexualité cesse-t-elle d’être récréative pour devenir envahissante ? », interrogera Marie-Hélène Colson, directrice des enseignements de sexologie à la faculté de médecine de Marseille. Elle abordera les réalités d’addiction, de dépendance et de violence que charrie la sexualité aujourd’hui, « perdue dans ses contradictions ». De l’observation de ses comportements violents et dangereux pour soi-même et pour autrui, la sexologue retient qu’ils montrent « un lien fort avec des troubles de l’attachement et une insécurité affective, des traumatismes anciens, des violences vécues qui vont inscrire la sexualité future dans l’impossibilité du partage d’intimité avec l’autre et de l’empathie ». Face à ce constat, quel modèle d’éducation sexuelle alternatif au porno pourrait remettre les générations futures sur la voie de l’érotisme ? interroge Philippe Brenot.