Produire ou se reproduire ?

Vivons-nous les dernières générations d’une reproduction à l’ancienne, dite naturelle ?

D’ailleurs peut-on seulement se « reproduire » ? Existe-t-il un lien entre notre civilisation du marché et de la performance et l’évolution rapide de la médicalisation de la procréation dans toutes les sociétés développées de la planète ? Dans notre monde où les temples sont peu à peu désertés et où les supermarchés n’arrivent guère à les remplacer, la sacralité, attribuée autrefois de manière inconsciente à la succession des générations, pourrait bien succomber sous les impératifs de la rentabilité à tous crins.

Les biotechnologies sont là. Leur avancée ne se fait pas sur le mode d’une croissance habituelle mais bel et bien, ce qui est inédit et nous fait sous-estimer les enjeux, sur une courbe exponentielle. Les technologies se fécondent les unes les autres :
les nanotechnologies sont renforcées par l’informatique et la génétique embrasse goulûment l’essor des sciences cognitives. Cette convergence pourrait amener des arguments de plus en plus forts pour ne plus laisser le hasard sévir et altérer parfois la santé de nos enfants. Homo sapiens est « addict » de la maîtrise et celle de sa reproduction n’échappera pas à son ingéniosité. Au début pour de bonnes raisons, bien médicales et bien justifiées : éviter par exemple la transmission d’une maladie héréditaire, puis pour de moins bonnes raisons : améliorer les performances intellectuelles et sportives de nos enfants, voire pire encore.

Les intervenants
Avocate aux Barreaux de Paris et New York.
Pédiatre et généticien à l’Hôpital universitaire de Strasbourg
Directeur du Centre d’Etudes du Vivant (Institut Humanités Sciences et Société – Université Paris Diderot), Président d’honneur du Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE).
Gynécologue-obstétricien
Professeur de Neurologie au CHU de Strasbourg, Responsable du Centre de Référence des maladies neurogénétiques et co-responsable du Centre Expert de la maladie de Parkinson.
Écrivain. Depuis 1995, son activité prépondérante est l'écriture.
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Produire ou se reproduire ?


Produire ou se reproduire