14h> 16h
Salle de L'Aubette

Conserver ses ovocytes

 

Les femmes devraient-elles toutes pouvoir conserver leurs ovocytes ? C’est une table ronde brûlante que Joëlle Belaisch-Allart animera le 2 février de 14h à 16h. La présidente de la société française de gynécologie a vivement critiqué l’avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) contre une ouverture à toutes les femmes de la possibilité de conserver leurs ovocytes, rendu en juin en amont de la révision des lois de bioéthique. La conservation de ses propres ovocytes existe en France depuis 2015 dans des cas limités et notamment pour les donneuses de gamètes.

Pour débattre du sujet, Joëlle Belaisch-Allart donnera la parole à Pierre Jouannet, membre de l’Académie nationale de médecine qui a rendu début 2017 un rapport favorable à la conservation des ovocytes en dehors des indications médicales. « Un avis qui n’allait pas sans réflexions et interrogations sur la technique, son efficacité et ses conséquences », prévient-il. Frédérique Kuttenn, explicitera l’avis du CCNE, dont elle était le rapporteur. « Un avis d’information et de prudence, un avis social plus que sociétal », explique-t-elle. La présidente du collège des enseignants universitaire de gynécologie médicale déplore un manque d’information du grand public sur les risques et la faible utilité de la pratique et met en garde contre le nouveau modèle de procréation que sa généralisation induirait, répondant à des intérêts économiques.

Louis Bujan, président de la Fédération des Centres d’études et de conservations des œufs et du sperme humain (CECOS) jusqu’en 2016, a alerté dès 2010 sur les faibles moyens pour faciliter les dons d’ovocytes en France.

Corinne Thébault, rédactrice en chef de l’émission La maison des maternelles, sur France 5, fera part de l’intérêt du public féminin qu’a suscité l’autoconservation d’ovocytes dans le cadre de l’édition qu’elle a consacrée à la pratique. Pour l’heure, des Françaises en bénéficient en se rendant à l’étranger, a-t-elle constaté.

Le grand témoin de cette table-ronde, la doctorante Manon Vialle, a soutenu fin 2017 sa thèse Infertilité normale versus infertilité pathologique : une opposition en question. Elle y interroge les référents strictement naturalistes et biologiques du modèle bioéthique français en matière de traitement de l’infertilité féminine.

Avec

Animation : Joëlle BELAISCH-ALLART
Gynécologue à l'hôpital des quatre villes, à Sèvres (Hauts-de-Seine)