16h> 18h
Salle de L'Aubette

Anonymat & gratuité des dons de gamètes et d’embryons

 

Comment l’ouverture du don aux couples de même sexe et aux célibataires pourrait en changer le sens symbolique ? Seront-ils prêts à accepter une parentalité non biologique en accueillant des embryons sans leur patrimoine génétique ? Comment vont évoluer les pratiques de don de gamètes ? Quelles informations doivent avoir les enfants qui en naissent ?

Pour aborder ces questions et bien d’autres, au cœur de la prochaine révision de bioéthique, le professeur en médecine légale et droit de la santé Grégoire Moutel animera cette table-ronde vendredi 2 février de 16h à 18h. Membre du groupe Genre, médecine et recherche au sein du comité d’éthique de l’Inserm, la politologue Jennifer Merchant évoquera l’encadrement des dons à la science d’embryons surnuméraires issus de fécondation in vitro aux Etats-Unis. « Les couples américains donnent plus aujourd’hui qu’au début car ils ont désormais plus d’informations sur la destination de leurs dons », observe-t-elle.

Pierre Jouannet, ex-président de la Fédération des Centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme humain prévient : « si les choix éthiques et politiques de la France sont clairs dans la loi en termes de dons de gamètes, encore faut-il se donner les moyens de la mettre en œuvre, notamment en matière de dons d’ovocytes.»

Le philosophe suisse Bernard Baertschi vient d’un pays où l’anonymat des dons n’existe pas. Si la gratuité des dons peut trouver des raisons pratiques évidentes, il émet de sérieux doutes quant à l’idée de l’ériger en principe et d’évacuer les questions de compensation et d’incitation - qui existent bel et bien pour les dons du sang par exemple.

Le sociologue Guillaume Grandazzi explore le champ de la santé depuis une décennie et notamment les inégalités sociales de santé. Il réinterrogera les aspects sociaux et culturels du recours aux dons qui concerne encore des bénéficiaires favorisés.

Virginie Rio, mère de deux enfants conçus par assistance médicale à la procréation (AMP), est fondatrice du collectif BAMP qui milite pour une meilleure implication des personnes infertiles dans leur parcours de soin et pour une meilleure information sur les solutions à l’infertilité. Elle est co-auteure de Le couple face à la médicalisation de son désir d’enfant, une autonomie à conquérir dans L’autonomie à l’épreuve du soin (éd. Cécile Ledefaut, 2015). Virginie RIO va parler des nouvelles générations de parents et potentiels parents d'enfants nés grâce à un don de gamètes et de comment l'association Collectif BAMP les informe, les accompagne dans ce chemin toujours "pas ordinaire" de la parentalité grâce aux dons de gamètes. Elle présentera notamment les résultats relatifs au don de gamètes, d'un questionnaire "bioéthique", réalisé mi-janvier par l'association auprès de 512 personnes.

Suzanne Thomas, étudiante à l’école normale supérieure de Lyon et active dans le monde socio-associatif interviendra dans cette table-ronde comme grand témoin issue de la société civile.

Avec

Animation : Grégoire MOUTEL
Médecin hospitalo-universitaire, Professeur en médecine légale et droit de la santé, Normandie Université. Chef de service au CHU de Caen; Directeur de l’EREN, Espace de Réflexion Ethique de Normandie