2012 - Procréation, la famille en chantier


Sur la bioéthique du début de vie nous risquons, plus encore que sur la fin de vie et le vieillissement, de nous retrouver sur des terrains inconciliables. D’autant qu’elle bouscule la cellule la plus sacrée de notre société : la famille, désormais en chantier. Mais pourvu que les points de vue soient argumentés et explicités. Pourvu que chacun qui les défend puisse énumérer ses prolégomènes et son raisonnement.

On dit volontiers que la valeur d’une culture se mesure à la manière dont elle traite ses enfants et ses fous. On pourrait ajouter à cette liste, ses malades et ses personnes vulnérables. Les nouvelles valeurs transcendantes de nos
sociétés modernes, le marché, la transparence, la liberté individuelle, pourraient bien obérer l’idée collective que nous nous faisons de la dignité attachée à la personne humaine.

Il s’agit donc bien d’une démarche démocratique qui nous anime ici, offrir à la population la possibilité d’une réflexion individuelle et donc un progrès personnel. Les questions posées par les biotechnologies du début de vie sont si nombreuses.

Le choix des enfants à naître au
travers d’un dépistage prénatal généralisé, non discuté dans le débat public, est-il compris par les couples ? La normalité des nouveaux nés ne risque-t-elle pas de devenir une nouvelle norme sociétale ? Sommes-nous dans une société
eugénique ? Où nous mène le développement exponentiel de la médecine prédictive ? La connaissance précise de la filiation génétique est-elle dangereuse pour l’ordre social ?