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Vers le bébé sur commande ? Si l’utérus artificiel voyait le jour…

Si l’utérus artificiel voyait le jour, il permettrait aux femmes d’éviter les risques liés à la grossesse… sans enfanter.

Depuis 1978 et la naissance de Louise Brown, le premier « bébé éprouvette » issu d’une fécondation in vitro, les recherches scientifiques autour de la maternité progressent constamment.
Notamment sur la question de l’utérus artificiel : il s’agirait de pouvoir implanter un embryon dans une structure imitant l’environnement utérin. Sans douleur, sans risque pour la mère, et avec peu de contraintes. Pratiquement sur commande (à distinguer du « bébé sur mesure »).

En 2016, une équipe britannique a publié en ce sens une étude dans la revue Nature Cell Biology. Elle y affirmait être parvenue à cultiver in vitro des embryons humains jusqu’à treize jours et qu’elle aurait techniquement pu continuer au-delà grâce à un environnement artificiel proche de celui de l’utérus (une limite éthique de quatorze jours de culture a été imposée dans les années 1970).

Éviter les complications médicales

L’utérus artificiel n’est pas né pour autant, estime Catherine Rongières, docteure en médecine et coordinatrice du comité d’éthique du pôle de gynécologie obstétrique de Strasbourg. Elle note que son développement pourrait éviter des complications médicales à des femmes et faire baisser la mortalité en couches. Elle estime également que recourir systématiquement à cette structure offrirait plus d’égalité au travail entre les femmes et les hommes.

Elle souligne cependant l’importance du désir de grossesse chez les femmes. « La machine pourrait en contenter certaines, mais je pense que beaucoup voudraient connaître, au moins une fois dans leur vie, la grossesse. Le fait de ne pas porter d’enfant ni de le mettre au monde serait aussi un manque ».
Elle relève un risque : les femmes qui décideraient de porter leur enfant pourraient être montrées du doigt, comme le sont parfois celles qui choisissent de garder un enfant trisomique.

Bénédicte Weiss, journaliste
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