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Forum Européen de Bioéthique : la parole du public

Le public a encore une fois largement plébiscité cette 5e édition du Forum Européen de Bioéthique. 20 000 personnes sont venues assister aux conférences débats dans les salles de l’Aubette et de la librairie Kléber. La qualité et la richesse des propos tenus durant cette semaine ont obtenu les faveurs du public, ainsi que la liberté de parole, véritable ADN du Forum.

François 55 ans, aumônier à l’hôpital de Strasbourg, est venu pour la 3e année consécutive et a suivi entre 7 et 8 conférences : « Je suis impressionné par la qualité des propos qu’on entend ici. Cela m’invite à approfondir ma propre réflexion éthique, à me positionner moi-même ».

Michel, 65 ans, retraité d’EDF, s’est rendu au Forum pour la 4e année consécutive et a suivi quasiment tous les débats de l’après-midi durant toute la semaine : « Les intervenants sont des pointures qu’on n’a pas l’occasion d’écouter tous les jours. Je trouve qu’il est toujours intéressant d’écouter ce genre de débat. Parfois, c’est compliqué quand on ne vient pas du monde médical, mais il en reste toujours quelque chose. Cela permet de se rendre compte des problèmes actuels et d’en parler sans langue de bois. Il y a une liberté de ton qu’on n’entend pas souvent. J’apprécie surtout la qualité des débats et l’échange avec la salle car le public peut poser des questions, même si je trouve parfois que cela mériterait plus de temps ».

Drôme

Véronique, 56 ans, professeur chercheur dans la psychologie de la décision, habite dans la Drôme. C’est la 2e année qu’elle prend une semaine de vacances exprès pour se rendre au Forum. Elle assiste à tous les débats du matin au soir et du lundi au samedi. « L’an dernier je suis venue en raison du thème car je m’intéresse aux neurosciences, à l’éthique et à la connaissance approfondie du cerveau. J’ai connu l’existence du Forum par hasard en faisant des recherches sur internet sur le thème du cerveau. Cette année, je me sentais moins directement concernée par le sujet, mais je trouve ça très intéressant. Je trouve que les débats sont bien animés par Nadia Aubin et Israël Nisand. Parfois, les intervenants à la tribune viennent d’horizons différents : ils sont philosophes, juristes, hommes d’église… Cela permet d’aller dans les nuances et la complexité des questions, de prendre conscience que tout n’est jamais tout noir ou tout blanc. Il y a un petit décalage de ton, mais c’est bien car tout le monde est là pour être un peu secoué. C’est le propre du questionnement éthique de nous bousculer un peu. J’apprécie aussi que la parole soit donnée au public, chacun peut s’exprimer librement quelle que soit son opinion, c’est très vivant. Sur le plan professionnel et personnel ce Forum m’apporte beaucoup. C’est une chance pour moi d’avoir découvert cet événement. Je trouve qu’il devrait être davantage connu ailleurs car je trouverais bénéfique que des gens puissent entendre ce qu’il se dit ici. Les questions soulevées au Forum touchent tout le monde et je pense que ces questionnements amènent les gens à se rejoindre. Je reviendrai l’année prochaine mais comme je prends une semaine de congés pour venir, j’aimerais connaître les dates du Forum assez tôt ! »

Estelle, 27 ans, sage-femme à l’hôpital de Strasbourg est venue cette année pour la première fois. « Je suis venue par curiosité et parce que j’aime bien me poser des questions sur des sujets d’actualité. Je trouve que les thèmes abordés sont assez variés, à chaque fois ils sont bien cadrés et bien menés et puis les personnes du public peuvent participer. Les intervenants sont des orateurs pointus. Je trouve qu’ils se complètent bien et qu’ils respectent une bonne écoute entre eux. Les gens donnent leur opinion sans se freiner, autant le public que les intervenants. Les propos que j’ai entendus m’ont amenée à me remettre en question au sujet de la bientraitance et de la bienfaisance. Et puis j’ai appris que l’humanisme rhénan venait de Strasbourg… »

 

Giselle

Giselle, 73 ans, retraitée, était conseillère d’orientation et psychologue en lycée, à Strasbourg. Elle est venue pour la 2e année consécutive et a suivi entre 7 et 8 conférences durant la semaine. « J’ai assisté à l’événement l’an dernier et j’ai trouvé ça génial. Depuis je suis devenue « addict » au Forum. On rencontre des gens modestes d’une grande compétence et dotés d’un grand sens éthique. Les débats sont très riches. Merci à Israël Nisand et Nadia Aubin ! Je trouve que cela fait du bien de venir ici, c’est un moment d’oxygène pour notre cerveau. C’est une évasion intellectuelle, un moment d’enrichissement. Même si les prospectives ne sont pas très joyeuses, on a plaisir à découvrir des questions qu’on ne connaissait pas. On ressort plus intelligent de ce Forum. »

Philippe, 62 ans, retraité de la fonction publique territoriale à Strasbourg, est venu cette année pour la première fois. Il a suivi six conférences durant la semaine. « Je suis venu pour ma culture personnelle car je m’intéresse aux problèmes liés à la santé.  Je trouve qu’il y a beaucoup de ponts entre les différentes thématiques, c’est enrichissant et cela évite de penser de façon séquentielle. J’ai apprécié particulièrement la participation des lycéens de Mulhouse. Je trouve qu’il est important de réfléchir aux problèmes sociétaux pendant la scolarité. Il y a dans ce Forum un mélange des publics : jeunes, vieux et aussi un mélange des professions et des positions intellectuelles. Le respect des opinions différentes constitue l’une des richesses du Forum. »

Enise, 23 ans, étudiante en master de neuropsychologie à Strasbourg est  venue pour la 3e année consécutive. « Les intervenants au Forum sont d’une grande qualité et je trouve qu’ils sont bien choisis car ils n’ont pas tous le même filtre de pensée. Ils défendent des points de vue différents et cela permet un réel débat ».

Mickaël

Mickaël, 29 ans, interne en médecine à Strasbourg, a participé au Forum cette année et lors de la 1ère édition en 2011. « Je suis venu pour écouter Frédéric Worms sur le thème du « care » car je l’avais déjà entendu à la radio et j’ai aussi assisté à la conférence sur les dérives des laboratoires pharmaceutiques car je m’intéresse à ce thème. J’apprécie surtout le côté participatif de cette manifestation, le fait que le public puisse poser des questions. »